Grandir Encore

Bénédicte Valette d'Osia Récemment, j’ai fait une très belle rencontre : Bénédicte Vallette d’Osia, qui anime des ateliers de pédagogies innovantes en Alsace par le biais de sa structure Grandir Encore.
Son credo : une communication bienveillante associée à des outils d’apprentissage simples et intuitifs.

Nous avons eu des discussions passionnantes et très enrichissantes sur la pédagogie, le système éducatif, le développement de l’enfant et j’en passe… Alors il fallait absolument que je vous la présente ! 🙂

Grandir Encore

  • Bonjour Bénédicte, peux-tu nous expliquer ce qu’est Grandir Encore et à qui ça s’adresse ?

Bonjour Laura.
Quand nous avons cherché un nom, nous voulions faire passer l’idée que nous grandissons toute notre vie et que rien n’est joué avant 6 ans ! Grandir encore ce sont deux mamans, pour l’instant, qui grâce à leurs enfants (huit en tout) ont changé de métier. Face à leurs difficultés scolaires et/ou relationnelles nous avons décidé d’être créatives. Et comme nous sommes un peu chercheuses dans l’âme, nous avons trouvé et nous nous sommes formées. L’envie, après, a été de partager ce que nous avions trouvé et ce que nous trouvons encore pour donner du confort aux parents et aux enfants. Et aussi aux adultes et jeunes adultes qui sont en situation d’échec parce qu’ils ont toujours entendu qu’ils étaient nuls, pas assez ceci ou trop cela… On avait envie de donner de l’espoir et des “trucs” pour y arriver.

  • Grandir Encore propose des formations en mindmapping. Qu’est-ce donc que le mindmapping ?

Le mindmapping est une technique déjà utilisée par les grecs et vraiment mise à l’honneur et popularisée par Tony Buzan, un psychologue anglais, qui voulait aider les gens à développer leur potentiel.
Les autres noms sont “carte d’organisation des idées, carte mentale, carte heuristique”. C’est un schéma qui fonctionne comme notre cerveau par association d’idées. De plus, il permet de représenter visuellement les informations, ce qui est incontournable pour les personnes qui retiennent plus facilement avec des images ou des films.
Sur une même feuille on a l’information globale et le détail, ce qu’il est impossible d’obtenir en linéaire. Les personnes plutôt logiques y trouveront de l’inspiration. Les personnes plutôt créatives y développeront de l’organisation.
Cette technique permet de “booster” sa mémoire, sa compréhension, sa réflexion et d’avoir… des idées ! Le nerf de la guerre…

  • Concrètement comment peut-on utiliser le mindmapping au quotidien ?

On peut utiliser le mindmapping dans toutes les sphères de sa vie. Pour organiser sa journée et structurer son travail, pour faire des projets, pour mémoriser plus facilement, pour maîtriser parfaitement un sujet à l’oral, pour booster sa créativité… Les bienfaits sont difficiles à lister tant ils sont nombreux.

  • Est-ce que l’Education Nationale s’intéresse à cette méthode d’apprentissage ?

Oui, de plus en plus de professeurs sont intéressés par les neuropédagogies. Le mindmapping est l’un des outils mis en avant pour travailler en harmonie avec notre cerveau. Dans certaines écoles, ils ont été formés et transmettent à leurs élèves cette étonnante méthode d’apprentissage. Les choses bougent.

  • Tu proposes également des ateliers de formation à la parentalité positive, basés sur le travail d’Adèle Faber et Elaine Mazlish (la méthode Faber et Mazlish). Quels en sont les préceptes et thématiques ?

Grâce au psychologue Haïm Ginott, Adele Faber et Elaine Mazlish ont mis en place dans les années 70 des ateliers de communication bienveillante pratique pour prendre conscience de l’impact de nos mots sur nos enfants (et sur les adultes…). En 7 séances, on apprend à dire autrement, à accueillir l’autre dans son ressenti, à l’aider à coopérer, à trouver une alternative à la punition quand ça ne marche pas, à favoriser l’autonomie, à complimenter de façon à encourager et à aider nos enfants à se dégager des rôles qui les enferment.
Nous travaillons aussi avec les outils de Sophie Benkemoun de l’Atelier des parents qui a créé un atelier pour les parents d’ados. L’adolescence est une période de grands changements pour tout le monde dans la famille. C’est parfois difficile à vivre et cela méritait un atelier rien que pour eux. Celui-ci est inspiré des dernières découvertes en neuro-sciences et en psychologie positive. Un bonheur.

  • Concrètement, comment se déroulent ces ateliers ?

Pendant 2h30 et quelques séances, à travers des jeux de rôle, des exercices de prise de conscience, des informations théoriques, on avance pas à pas pour mieux se connaître et mieux appréhender la relation avec notre enfant, notre ado. Ce que j’ai le plus aimé dans cette démarche c’est l’absence de jugement. Pas de moral, pas de conseil, de l’information qui nous permet de grandir en toute bienveillance, de l’humour pour dédramatiser, un cocktail bienfaisant pour affronter les tracas de la vie de tous les jours.

  • Comment en es-tu arrivée à t’intéresser aux pédagogies innovantes ?

Comme je l’ai dit plus haut, grâce à mes enfants. Trois d’entre eux ont tout de suite rencontré des problèmes à l’entrée au CP. J’ai voulu les aider. Ma soeur, institutrice dans une école aux pédagogies assez innovantes m’a mise sur la piste. Puis, j’ai élargi le cadre et trouvé beaucoup d’outils présents au Canada qui pouvaient être utiles. J’ai aussi réalisé que j’avais eu les mêmes problèmes dans mon enfance et que pourtant j’avais “réussi”. Cela m’a permis de relativiser et de me dire qu’il fallait peut-être du temps au temps pour assimiler certaines notions… Les pédagogies innovantes vont dans ce sens. Nous n’apprenons pas tous au même moment et de la même façon. Chacun son rythme. Et pour cela il fallait, aussi, apprendre à parler autrement à moi-même et aux enfants. J’étais mûre pour les ateliers de parentalité positive.

  • Que conseilles-tu aux parents d’enfants dys par rapport à la scolarité souvent problématique de leurs enfants ?

Je sais que certaines situations sont vraiment très compliquées à vivre et que l’entourage social et scolaire ne nous aide pas toujours à voir les choses sous un angle positif.
J’ai cependant envie de dire qu’il est encore plus de notre devoir de tirer parti du meilleur de ce qui nous arrive. L’estime de soi est au coeur de la réussite. L’enfance est le terrain le plus propice à son développement. Nous sommes souvent blessés par notre propre enfance et nous voulons vraiment la réussite de nos enfants alors soyons “le réservoir de ses bons coups” comme nous le demande Haïm Ginott. Et c’est sûr, un jour il nous épatera et surtout il s’épatera, même si les chemins ne sont pas conventionnels.
C’est à nous de reprendre confiance et de la transmettre.
Pour ma part, les ateliers m’ont vraiment redonné cet espoir et malgré la déscolarisation d’un de mes enfants à un moment, j’ai toujours gardé le cap. Et comme Bob le bricoleur, je lui ai souvent répété d’un humour un peu forcé, dans les situations difficiles, “On peut le faire ? Oui, on peut !”. Après à nous de trouver un chemin.

  • Quels sont tes projets professionnels et personnels à venir ?

Mes projets professionnels ? Donner du confort et de l’espoir là où cela manque. Persuader le plus de monde que tout est possible pour celui qui y croit… Faire mentir les statistiques qui prétendent que les français sont pessimistes… Cela fait beaucoup de challenges.
Et pour mes projets personnels… permettre à mes enfants de réussir là où ils seront bien. Être leur meilleur supporter, même si parfois je m’énerve, et leur donner une estime d’eux-mêmes suffisamment bonne pour qu’ils osent entreprendre et persévérer.

  • Grandir Encore intervient sur la région Alsace, mais où trouver ailleurs des formations à la parentalité positive et au mindmapping ?

Pour trouver une animatrice ou un animateur de l’atelier des parents rendez-vous sur :
Le Grand Atelier des Parents

Et pour découvrir le mindmapping la Fabrique à Bonheur se développe avec dynamisme :
Les ateliers en Province de la Fabrique à Bonheurs

ou encore J’ai tout pour réussir avec Dominique dans l’Ouest.

  • Et pour finir, la traditionnelle question de ce blog : si tu étais un personnage de conte de fées, tu serais… ?

Compliqué :)… J’aime bien Jack et le Haricot Magique… Le côté “je m’en sors toujours” sans doute 🙂

Merci Bénédicte pour cette interview, et bravo pour ton engagement en faveur du bonheur ! 🙂

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