Sans fessée comment faire ?

Article à lire également sur l’excellent blog Les Vendredis Intellos

Voici un petit livret très bien écrit et très bien illustré sur le sujet de la fessée et plus largement de la violence faite aux enfants (à télécharger à la fin de l’article).

La violence envers les enfants, ce ne sont pas QUE les actes de maltraitance grave : privations diverses, coups répétés, abus sexuels et j’en passe. La fessée, la gifle, la tape sur la main, même de façon occasionnelle, même “pas fort”, c’est aussi de la violence.

Le but de ce livret n’est pas de culpabiliser les parents ou éducateurs qui auraient un jour ou l’autre levé la main sur leur enfant (souvent d’ailleurs sous le coup de la colère ou de la fatigue). Il ne nie pas la difficulté d’élever un enfant et de l’accompagner au quotidien. Il propose juste une autre manière, apaisée, réfléchie et non-violente, de gérer les besoins de l’enfant, d’éviter ou de résoudre les conflits, et au final, de vivre en famille harmonieusement.
Pas de jugement, pas de ton moralisateur, pas de statistiques effrayantes, c’est un livret plein de bienveillance et de conseils. 🙂

Voici un petit extrait pour vous donner envie :

Notre enfant en grandissant nous pose beaucoup de défis, et nous sommes quelquefois surpris par nos réactions qui ne correspondent pas à ce que nous aurions souhaité. Sous l’emprise de la colère, il arrive que nous les frappions, que nous les punissions, que nous leur fassions peur. Nous savons aujourd’hui que la peur n’est pas un moteur efficace pour l’apprentissage, bien au contraire, effrayé, un enfant est sidéré et il ne peut pas comprendre ce que l’on attend de lui.

Mon point de vue sur la fessée

Je suis totalement d’accord avec les idées énoncées dans ce livret. Mais, j’ai moi-même été une partisane du “Une ou deux fessée, ça n’a jamais tué personne” :$
J’ai donc envie de rajouter quelques points qui ne sont pas dans ce livret, et qui m’ont fait prendre conscience qu’éduquer en utilisant la violence, à quelque moment que ce soit et sous n’importe quelle forme, est une erreur contre-productive.

Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que pour être un bon éducateur, il faut rester juste, cohérent et constant dans ses décisions. (j’ai pas dit que c’était facile, hein ! 😉 )
Et bien voici quelques incohérences auxquelles on se heurte si on frappe un enfant.

  • Le droit français interdit à un homme de gifler sa femme (et réciproquement). C’est une faute en cas de divorce, et un conjoint violent est considéré par la majorité des gens comme “mauvais”. Mais le même geste porté à un enfant qui n’a pas les moyens de se défendre, ni de porter plainte, ni de quitter le foyer n’est pas répréhensible.
  • A peu près tous les éducateurs, profs et parents apprennent très tôt aux enfants que “frapper les autres, c’est mal”. Donc en frappant un enfant, les adultes se comportent mal (et l’excuse “oui, mais l’enfant s’est mal comporté” n’arrange pas les choses). Le comble (et j’y ai déjà assisté) c’est de mettre une claque à un enfant parce qu’il en a tapé un autre. Là, c’est carrément absurde.
    L’enfant en retiendra : soit que les adultes ont plus de droits que lui (ou des droits SUR lui), soit que c’est le plus fort qui gagne. Dans un cas comme dans l’autre, il ne va pas écouter bien longtemps ce que lui dit l’adulte qui l’a frappé.
  • La phrase qu’on entend le plus souvent quand on parle de l’interdiction de la fessée (et que je disais encore il y a quelques années) c’est : “J’ai reçu 2 ou 3 fessées quand j’étais petit.e, j’en suis pas mort.e”. Alors non, la fessée occasionnelle ne tue pas et heureusement. Mais est-ce que honnêtement ça a une quelconque valeur éducative ? Est-ce que ça empêche l’enfant de recommencer sa bêtise ? Est-ce que ça lui apprend quelque chose d’utile ? NON.
  • Et pour finir, si gifler, fesser ou taper les enfants donnait des résultats, les trois-quarts des enfants français seraient de vrais petits anges ! 😉

Je vous invite donc à télécharger, lire et diffuser ce petit livret et bien sûr à faire part de vos remarques dans les commentaires !

“Sans fessée comment faire ?” est écrit par Catherine Dumonteil-Kremer et illustré avec brio par Elsa Pastor :

Télécharger (PDF, 2.56MB)

Pour d’autres ressources sur l’éducation non-violente, rendez-vous sur le site La maison de l’enfant.

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